Les violences DE l'école
REPONSES RECUES

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Message envoyé par Sandrine (26/12/09)
Depuis septembre dernier, mon fils de 9 ans est dans une nouvelle école. Depuis la rentrée, il est le souffre-douleur d'une bande de 6 voire 7 gamins. Griffures à coups de ciseaux en pleine classe, on a essayé de lui enfoncer un stylo à encre dans les yeux, il s'est défendu, certes de la mauvaise façon, en essayant d'étrangler son agresseur. Il a subit des crachats en plein visage, on lui lançait des mouchoirs plein de morve dans la figure et on a même essayé de lui enfoncer dans la bouche (et on parle tant de la grippe A ...). Il a eu droit aux coups de pieds dans les jambes, les parties génitales, des gifles. J'ai prévenu le conseil général. Maintenant, depuis le 26 novembre, le médecin l'a mis en arrêt pour déprime, il doit être suivi psychologiquement et son comportement est exécrable à la maison. Nous avons eu un entretien avec un inspecteur de l'éducation nationale, le directeur, son maître et trois autres parties, mon mari et moi avons été humiliés, rabaissés, et pour
 finir, le directeur a dit que c'était probablement mon fils qui s'était fait les griffures à coups de ciseaux. A aucun moment, les agresseurs n'ont été inquiétés (qui ne dit mot : consent ..).
Maintenant nous sommes vraiment dans une impasse, quoi faire de notre gamin, où le scolariser, comment va-t-il reprendre l'école et dans quelles conditions ?
Où est la sécurité des enfants à l'école, et pourquoi ferme-t-on les yeux face à de tels agissements.
Si quelqu'un a l'adresse du ministre chargé de la défense à l'école, ou autre, qui pourrait nous venir en aide, merci de me le faire savoir.
J'embrasse tous ces enfants qui souffrent et leurs parents aussi.

Message envoyé par Delphine (18/03/09)

bonjour, je suis assez étonnée du fait qu'on ne parle pratiquement jamais de la violence relationnelle entre enfants, d'ailleurs toujours minimisée par les instits. Ma fille de 10 ans essuie des moqueries quotidiennes de la part des autres élèves quand à ma fille de 4 ans, qui est tout amour, elle se retrouve toute seule, sans ami(e) et on ne veut jamais lui prêter de vélos... Du coup, dès que l'école reprend, elles sont toutes les 2 violentes à la maison alors que ce n'est pas dans leur nature car pendant les vacances, elles ne le sont pas du tout. Je pense qu'il faudrait sérieusement se pencher sur cet aspect de la violence scolaire car, d'accord nos enfants vont à   l'école pour l'enseignement mais les relations avec leurs camarades est au moins aussi importante pour eux, si ce n'est plus!

Message envoyé par CL mère de famille (08/05/07)

Je réside dans un pays européen et mes enfants sont scolarisés en établissements français.
L'un d'eux est en classe de 5ème Nous avons dû le déscolariser pour cette année car il a passé une très mauvaise 6ème au collège. En effet, bien que les professeurs soient très attentifs à la bonne intégration des "petits nouveaux" en classe de 6ème, mon fils a fait l'objet de harcèlement de la part de certains camarades durant tout le premier trimestre (pas de place dans le bus, chassé de sa place à la cantine, affaires prises et jetées, insultes à mon encontre, etc.). Dès le début du second trimestre, nous avons dû lui faire consulter un psychologue dans un CMPP à raison de deux fois par mois car il commençait à montrer quelques signes dépressifs (souffrance au collège "dixit la responsable de la vie scolaire", insomnies, violence alors que ce n'est pas dans sa nature, besoin de lumière pour dormir, perte d’appétit et situation scolaire peu brillante). Nous l'avons donc déscolarisé pour un an afin qu'il se retrouve mieux psychologiquement et pour qu’il puisse combler ses la
 cunes scolaires.
L’année prochaine, il est prévu qu’il retourne au collège mais nous sommes inquiets car les enfants qui l’avaient harcelé en 6ème disent à qui veulent les entendre, qu’ils l’attendent pour recommencer dès l’an prochain. Je suis indignée à l’idée que des enfants structurent et prévoient à long terme de telles choses et je voudrais vous poser quelques questions :
- lors de la classe de CM2, pourquoi ne fait –on pas d’information sur la violence au collège et pourquoi lâche-t-on nos enfants sans la moindre information ? Il me semble qu’un atelier sur ce sujet serait bénéfique autant pour les victimes potentielles que pour les trublions de service. Après tout, on fait bien la semaine du goût ou la formation à la sécurité routière ! Car ces « enfants terribles » de primaire deviennent des terreurs au collège et il ne me semble pas que la moindre information concernant leurs droits et surtout leurs devoirs ne leur soit faite.
- par ailleurs, que peut-on faire face à cette violence lorsque l’on est parent ? quand la médiation ne sert pas, quand les enfants se moquent de la moindre autorité et que les parents s’en désintéressent ? A-t-on des recours : association particulière, police ou gendarmerie, quelles sont les démarches à suivre ?
Je tiens à préciser que nous vivons dans un milieu très protégé et que ces enfants ne sont pas issus de classes sociales particulières. Nous sommes tous à peu près égaux, la seule grosse différence qu’il peut y avoir ne concerne que l’intérêt que nous portons à nos enfants. Certaines familles ne voient pas l’intérêt de lutter contre le « mauvais côté de leurs enfants » ; l’éducation, la vraie est tellement plus prenante !! Ce n’est pas éduquer des enfants que de les nourrir, les vêtir et les laisser faire tout ce qu’ils veulent pourvu qu’ils nous laissent tranquilles !

Message envoyé par Florence MEGIAS Mère de famille (3 enfants) (19/12/06)

Nous venons d'arriver dans la région des Pyrénées Orientales depuis peu et mon fils est scolarisé en CM1 dans un établissement que je qualifie "à risque".
Chaque jour il subit des violences verbales et à la limite des bagarres.
Nous n'avons pas l'habitude de ce type de comportement car nous arrivons d'une petite ville proche de la région parisienne et tout se passait à merveille étant composé principalement d'enfants respectant le règlement et surtout à mon avis bien éduqués par leurs parents, je pense surtout sans problèmes divers de la vie courante.
En arrivant ici mon fils dès la rentrée de septembre a été choqué du langage et du non respect des élèves vis à vis de l'enseignant.(déplacement-jet d'objets-moquerie)
Puis du non respect de lui même en le rejetant du fait d'être le "nouveau"......
Il y a au quotidien des enfants qui rabaissent les autres qui leur semblent moins fort psychologiquement ou pas de leur milieu.
Mon fils n'est pas atteint psychologiquement enfin je pense car son comportement à la maison n'a pas changé mais il ne souhaite qu'une chose c'est de quitter cet école.
A force de rencontrer l'enseignant et la directrice, de discuter, il n'y a pas de solution "miracle" à la violence dans les écoles.
Ils ont mis en place des retenues le soir après la classe pour les enfants intenables mais cela n'a eu aucune répercussion positive.
J'ai participé à une demi-journée de sortie sportive - cross -  et j'ai eu l'impression de vivre l'anarchie totale. Aucune écoute des élèves - désordre - problème de comportement - insultes - bagarre - jet de pierres - et j'en passe.....
Cela m'a découragé et je vais chercher à changer mon fils d'école.
Et oui j'ai cette possibilité mais cela n'est pas donné à tous.
Alors en passant mes nuits à réfléchir :
Ecrire une lettre à l'académie ? -
Ecrire une lettre au ministère de l'éducation ou autre ? - N'y a t -il pas une solution plus adéquat.
On dit que c'est en partie la faute des parents qui n'encadrent pas correctement leurs enfants -
1/ dans certains cas OUI je suis d'accord :
Exemple : Dans cet école certains parents ne prennent même pas le temps de se déplacer lorsqu'ils sont convoqués -
2/ dans certains cas NON pas d'accord :
Alors problème psychologique dû au climat social de la famille (décès-divorce ou autre)

En conclusion, une proposition serait de faire pression sur les pouvoirs publics afin d'insérer davantage les parents dans les écoles - pas seulement parents d'élèves - mais de permettre à certains parents qui le souhaitent de compléter l'équipe pédagogique, de soutenir un prof qui ne peut pas toujours contenir une classe. Surtout si le trouble est réalisé par un nombre important d'enfants dans un établissement.
Cela devient URGENT en classe primaire car par la suite un enfant qui rentre au collège est livré à lui-même et cela engendre aussi les débordements que l'on peut voir - CITES BANLIEUES -

Voici ma proposition qui pourrait peut-être redonner de l'ordre dans nos établissements. Les parents deviennent des SUPER NANNY ou comme LE GRAND FRERE en référence à certaines émissions télévisées. Cela marche à la télé alors pourquoi pas à l'école!!!!!!

Message envoyé par Chantal Marty (19/12/05)

Je pense qu'il y a un réel et grand besoin de dispositifs permettant aux enseignants d'exprimer leurs émotions,et d'analyser, avec l'aide de personnes compétentes et extérieures à l'établissement, ce qui se joue pour chacun de nous dans la relation enseignant-élève, ainsi que dans la relation que nous avons avec le système éducatif.
  Ce temps de réflexion (dans les deux sens du terme) conduit  celui qui s'y engage à des prises de conscience, et à une relation   plus "efficace" avec l'élève / le groupe d'élève : par efficace j'entends à la fois ce qui favorise la croissance et l'autonomie de l'apprenant,la sécurité interne de l'enseignant,  dans le respect des personnes.
Je peux animer un groupe d'enseignants et les accompagner dans cette réflexion

Message envoyé le (9/04/04)

Oui il peut être contraignant de devoir aller à l'école pour apprendre des choses dont on ne voit pas toujours l'utilité. Oui il peut être frustrant d'être assis et d'écouter quelqu'un nous parler de choses auxquelles on ne comprend rien et auxquelles on n'a de toute façon plus envie de s'intéresser. Parce ce que le vrai problème il est là! Qu'est ce qui intéresse encore les jeunes actuellement?
J'ai 23 ans et je suis enseignante et il n'y a pas si longtemps j'étais sur les bancs à la place de mes élèves et il est vrai que tout ne me pationnait pas... Mais le problème il ne vient pas des élèves ou comme vous semblez le sous-entendre des professeurs ou de l'institution. Le problème il vient principalement du manque de moyens,de temps,... C'est beau de vouloir établir un réglement avec et pour les élèves mais combien de temps cela prendra-t-il avant de pouvoir le concrétiser? Le PO donnera-t-il son accord? Il ne faut pas non plus oublier que le rôle d'un enseignant n'est pas que d'apprendre il est aussi celui d'éduquer.Et la société dans laquelle nous vivons est contraignante et régies par une multitude de lois qui diminue de plus en plus notre liberté. Alors ne pensez vous pas que le rôle de l'école c'est celui de nous préparer à la vie? Je tiens encore à souligner que je condamne fermement toutes sortes de violence que ce soit de la part des élèves ou de celle de l'enseignant mais pourtant elle est bien réelle...

Message envoyé par : une maman en colère...(14/03/04)

Bonjour, vous stipulez qu'un enseignant à droit au respect de ses éléves, je suis entièrement d'accord avec vous !
Mais que dire à mon enfant de 6 ans, quand la personne qu'il doit respecter, lui tire les cheveux, les oreilles, le tape dans le dos ou encore le frappe sur les mains avec une règle en fer ? que le fait de ne pas comprendre tel ou tel exercice ou de ne pas aller assez vite le justifie et qu'il faut qu'en même la respecter ? Quand cette même personne à laquelle je confie mon petit garçon lui a ôter son envie d'aller à l'école, son plaisir d'offrir à sa maîtresse un travail bien fait, l'a rendu craintif et anxieux, dois-je moi-même la respecter ?
Je m'interroge et suis aujourd'hui un Maman inquiète, déçue, et en colère.

J'ai précisement rencontré l'enseignante lundi dernier, je l'ai écoutée (Il est vrai que mon fils Lucas travaille bien mais qu'il a désormais tendance à ne pas faire toujours sur le champ ce qu'on lui demande). Pourtant, il a obtenu d'excellents résultats le 1° trimestre - que des A et B - avec sa première maîtresse partie en congé maternité et remplacée par celle-ci , résultats qui se sont dégradés alors que j'observai parallèlement une modification du comportement de mon enfant devevu inquiet, peu concentré et excité. Lors de notre entretien, j'ai corroboré les dires de la maîtresse en lui demandant de bien obéir, et j'ai simplement posé la question à
celle-ci "... mais pourquoi vous lui titez les cheveux ?" en lui proposant de refaire un point sur l'évolution de Lucas dès ce vendredi (demain matin), car à mon sens la communication n'est pas évidente avec cette personne. A ma grande surprise, mon fils m'a remis mardi (dès le lendemain) une enveloppe sortie de son cartable, qui est un courrier officiel signé du Directeur de l'établissement nous convocant, mon mari et moi-même le 19 mars à 8h, au sujet de notre enfant !!!
Ma première analyse est que : Soit nous allons effectivement travailler à comment aider au mieux Lucas, Soit cette maîtresse veut se couvrir alors que j'accepte pourtant pleinement - comme précédement annoncé - son autorité dès lors que je suis convaincue qu'elle est à bonne escient... ! Nous le saurons demain, je vous tiendrai informé de l'évolution de la situation. Sachez que je ne suis visiblement pas la seule à rencontrer ces difficultés dans la classe...

Message envoyé par : Julie Sarrazin (24/09/03)

La première des violences que l'école inflige à un enfant est de le visser x heures par jour sur une chaise à un âge où un enfant a besoin de bouger au maximum. Est-ce qu'un adulte accepterait de rester des heures sans bouger à écouter alors qu'il a envie d'aller voir ailleurs ? Même dans les bureaux, on peut bouger sans trop de contraintes. Cela pose encore une fois la question des rythmes scolaires. Quand vous avez dix ans, vous ne pouvez pas humainement rester attentif six ou sept heures sans pause.

La deuxième des violences est le système d'évaluation. En Suède, on ne met pas de notes avant 14 ans et je n'ai jamais entendu dire que les enfants travaillent moins bien qu'ailleurs. Par ailleurs, ils font beaucoup de travail en groupe, sans que cela ne nécessite une discipline de fer. En France, les évaluations sont faites dès la maternelle.

Message envoyé par : Jocelyn Cailleaud (31/08/02)

Insécurités et Violences
Envoyez-moi vos réactions et réflexions pour améliorer le document suivant : Insécurités et Violences.
Ce document a été effectué par Yvette BAILLY en collaboration avec un groupe du MAN mouvement pour une alternative non violente. Mouvement travaillant entre autre dans les banlieues sur la gestion non violente des conflits. Il effectue des formations dans deux IUFM actuellement.
Voici un autre document : "Le conflit dans la classe" créé par le MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) afin de donner des points de repères pour mieux gérer les conflits dans une classe. Il a également été constitué pour donner un support lors de débats sur la violence à l'école.

Message envoyé par : Frederic Boone (14/06/01)

La violence et l'agressivité 2 notions différentes
La violence ne fait pas partie de nous-même, mais elle est entre nous. C'est un processus qui émerge entre les personnes et les systèmes (ex: famille, école...)
L'agressivité c'est une pulsion qu'on retrouve chez tout être humaine et qui est indispensable à la vie.
Maintenant la question est comment allons-nous nous y prendre pour que l'agressivité se transforme le moins facilement en comportement violent ?
Cette pulsion doit se transformer, se canaliser dans des voies moins destructrice et voir même constructive.
Pour éviter le passage à l'acte violent l'agressivité peut être :
- déplacée : vers un objet acceptable
- défoulée : hurler, crier
- sublimée : détourner vers voies positive ( sport, jeu de rôle)
- verbalisée : mise en mots
- fantasmée : mise en images mentales
La sanction
Elle doit être maturative et réparatrice, pas humiliante et pas infériorisante
ex : tu as pas fait tes devoirs va ramasser les papiers dehors ( sanction infériorisante et humiliante et surtout sans aucun rapport direct)
Pas fait tes devoirs , tu restes à la récréation pour les faire)
J'espère vous avoir apporté quelques pistes à exploiter.


Message envoyé par : Marie Noëlle (07/05/01)

Il faut se faire violence pour aller à l'école. Qui peut avoir envie d'aller s'enfermer pendant des heures dans une pièce :
- avec des gens que l'on n'a pas choisi,
- pour faire des choses que l'on a pas choisi,
- sous la direction de quelqu'un que l'on a pas choisi et qui par dessus le marché est parfois déplaisant...
- en sachant que l'on n'a pas le choix et que l'on devra le subir pendant toute une année scolaire.
Et après vous êtes étonnés que l'on parle de violence ? Pendant des siècles, des générations ont subi cette violence et la cour de récréation a été créée, comme pour la caserne ou la prison pour que cette violence puisse se déverser ...(cf "avertissement aux écoliers et lycéens" de VANEIGEM).
Aujourd'hui, l'école ayant perdu son prestige, il y a des réponses à cette violence qui déborde ...Je suis étonnée qu'on s'en étonne!!!
C'est sans doute parce que j'ai subi une grande violence morale à 10 ans de la part d'une instit.... que je suis devenue instit...
L'école peut être aussi autre chose...tout du moins j'essaie....

Le but de ce message et de replacer le débat sur les bases :
De quelle violence parle-t-on ?
En fait, j'ai l'impression que l'on ne parle que de la partie immergée de l'iceberg, c'est à dire du coup dans la figure pris par l'enseignant. Mais il a toujours existé. Mon premier remplacement en février 1976 était celui d'une enseignante qui avait reçu une boîte de DDT (produit aujourd'hui interdit) par un père auquel elle avait signalé la présence de poux sur la tête de son enfant. Après j'ai fait, comme beaucoup de suppléants de l'époque, la campagne des minguettes de Vénissieux : épreuve du feu ou parfois on faisait l"entrée à l'école entre les CRS ....seulement à l'époque, c'était loin, tout le monde s'en fichait, surtout l'institution et les bien pensants, à l'abri dans leur quartier tranquille.
Maintenant que c'est à leur porte.... tout le monde crie au secours...Et si on demandait à ces gens là comment ils s'en sont sortis.... peut-être ne veulent-ils plus répondre parce que personne ne le leur a demandé pendant des années...
Ensuite j'étais au mas du taureau à Vaulx en Velin début des années 80 quand les voitures explosaient devant les fenêtres de ma classe. La réponse dans l'école où j'étais fut de donner aux élèves une école havre de paix...(tout le monde circulait en pantoufles) et grâce au dynamisme de l'équipe, ce fut la première école primaire publique à avoir des ordinateurs....
Jamais dans les écoles de quartier dit difficiles, je n'ai entendu de débat sur l'autorité ou la violence...J'ai vu il est vrai des instits souffrir parce qu'ils n'étaient pas faits pour ce métier...et même un instit emmené avec une camisole de force...ça fait réfléchir en début de carrière....mais il est vrai qu'il y avait un enthousisame et une solidarité dans ces quartiers qui n'éxistaient pas beaucoup ailleurs : question de survie et d'époque.
La violence physique était celle des enfants de la guerre des boutons : des torgnoles et les réglements de comptes mais ça a toujours existé et la raison bien simple est que la violence est en chacun de nous et qu'elle doit s'exprimer...beaucoup la transforme en énergie ou en rage de faire. Mais, certains la retourne contre eux à petites doses de médicaments pour les adultes et pire encore chez les jeunes de moins de 25 ans où le suicide est la deuxième cause de mortalité, sans parler de tabac d'alcool et de drogues... Mais, on en parle moins c'est chez eux, ça ne se voit pas et ça ne donne que des statistiques et quelquefois des hypothèses de travail à quelques sociologues en mal d'idées.
C'est pour ça qu'il est important de définir de quelles violences on parle. Pour moi, la pire violence que j'ai pu voir est celle d'une petite fille dans un des quartiers les plus aisés de Lyon. Petite poupée formatée à ne pas se salir, à être sage et polie et à être l'ainée...à quatre ans..... c'est subir une grande violence ...
Sans sourcillée, elle etait restée stoïque devant sa feuille de dessin (elle était à l'atelier feutres) et avait remonté les manches de son chemisier blanc à dentelle pour "soigneusement" barbouiller l'intégralité de ses avant bras avec du feutre bleu marine. Puis elle avait rebaissé les manches et attendu la sanction. De ma part, ce ne fut que de la compassion et j'alertais la mère qui était à mille lieux de comprendre ce geste et qui était prête à la soumettre aux foudres de son mari. Qu'aurait-elle fait à 15 ans ?
Je pense qu'il faut parler de toutes les violences et aujourd'hui il me semble que les adultes ont une lourde responsabilité car le monde qu'ils ont fabriqué est imprégné de toutes ces violences.
Que nous soyons parents ou enseignants et souvent les deux à la fois, notre responsabilité n'est pas de "réfléchir" sur les problèmes de la violence mais d'écouter ce que disent les enfants qui sont déboussolés dans ce monde qui va trop vite : les jeunes attendent des aides et des écoutes et non des blablas...
Ils ont leurs idées, leurs questions et leur révolte et n'attendent pas que les adultes, une fois de plus leurs donnent "leurs solutions" toutes faites.
Ils veulent participer à la construction de leur futur, tel qu'ils le voient eux et en ont marre de ne pas être écoutés, sinon ils peuvent le manifester de façon plus violente...
Les enfants d'aujourd'hui sont soumis à des pressions plus fortes, leur solitude quelle soit dorée ou non est aussi une violence, et l'école qui devrait être leur chance d'y échapper ou d'y trouver des solutions apporte elle aussi une pression de plus en plus forte. Que peuvent-ils faire ? S'ils ont la chance d'avoir des parents qui ont une qualité d'écoute, tant mieux pour eux... J'essaie d'être ce genre de parent et aussi ce genre d'instit pour ceux à qui ils font défaut... Mais c'est une goutte dans l'océan.

Bravo pour votre initiative de lancer le débat sur le Web


Message envoyé par : Pierre-Yves.Philippot

Passionnant bien sûr l'article sur la violence. Pourquoi pas de réponse ? Peut-être à cause de la violence qu'il faut se faire à soit même. On enseigne ce que l'on est... alors si on regarde la violence dans sa classe, c'est aussi sa propre violence que l'on regarde. N'est-ce pas un peu violent de se faire ainsi violence ? Ah, si on nous avait appris à se remettre en questions sans se remettre en cause. Continuez, c'est super !


Message envoyé par : Patricia

Je n'ai malheureusement pas de recettes miracles contre la violence dans les écoles. Je voulais simplement ajouter ou plutôt confirmer ce qui est écrit à propos des commentaires déplacés de certains enseignants. J'ai une quarantaine d'années et pourtant je garde un souvenir profond et méchant d'une institutrice en classe de CE2; j'avais environ huit ou neuf ans et je provenais d'une famille très modeste, l'argent manquait énormément.
Arrive le jour de l'anniversaire de l'institutrice et ma mère accepte que je puisse lui acheter une rose, je lui apporte et elle me remercie très gentillement mais dans la cour je l'entend dire:-"c'est plus fort que moi cette gamine me tape sur les nerfs avec ses cheveux toujours détachés et ses chaussettes filées que la mère s'obstine à lui faire porter". Elle s'appellait Madame Gxxxxx. Lorsque je vais au collège où j'enseigne aujourd'hui et que mes cheveux sont légèrement décoiffés je n'arrive pas à entrer dans la salle des profs.
Les élèves (et surtout les enfants) sont des personnes à part entière ne l'oublions jamais.


Message envoyé par : Ben

Ouais... un peu soixantuitard comme attitude.Tout semble devoir être discuter avec les élèves.C'est une attitude qui désécurisent les enfants, eux qui cherchent un cadre et certaines règles pour pouvoir participer au grand jeu qu'est l'école .Arrêtons de les faire participer à toutes les décisions concernant l'école, ils n'en ont pas l'envie et n'ont pas la connaissance intuitives qui les guiderait dans le bon choix de leurs acquisitions. Les élèves dont on parle me semble être supérieurement intelligents, n'avoir aucun problème familiaux, recevoir une éducation qui les rend responsables et déjà aptes au discernement, et posséder un "will go " ( cette envie de se dépasser et de tirer toujours en avant comme les chiens de traîneaux ) peu commun dans les classes. Je ne suis pas sûr que les solutions proposées soient adéquates et me font penser à une certaine démission de l'enseignant plutôt qu'à un engagement excessif voire à une certaine permissivité. Il est plus facile de faire croire au élèves qu'ils ont le choix de leur avenir et des moyens d'y parvenir plutôt que de faire consciencieusement son boulot ( j'entends au plus près de sa conscience ) et d'adapter les programmes à certains groupes d'élèves voire à certains élèves en particulier. On évite ainsi le leurre et l'on travaille dans l'honneteté et la transparence. Je reviendrai sur mon travail une autre fois because l'heure tourne.


Message envoyé par : François

Je viens de lire une des réponses ahurissante (Ben) : arrêtons de faire participer les enfants à tout, ils n'en ont pas envie... c'est sûr que si tu n'as jamais essayé !
Installe un conseil dans ta classe, qui permet de règler des conflits par la parole et ensuite dis à ta classe que tu le supprimes car il ne sert à rien, tu verras !
Quant à l'adjectif "soixante huitard", arrête de me faire rire les parents qui se comportent en clients, qui nous demandent une vraie démission (être tout le temps intéressants, faire plaisir, être gentil, être attractif) sont justement les parents les plus bourgeois !
"Soixante huitard"... s'il en reste, ils ont du en revenir. La pédagogie de la parole est une pédagogie qui ne va pas de soi : elle ne donne pas d'illusions. L'adulte reste un référend, qui a enfin compris que faire comprendre des limites était une affaire de temps. Montre nous l'efficacité de la punition...
Et il faut dire que l'amour du travail "bien fait" (valeur à la mode pour des réacs en pleine ébullition depuis un certain 21 avril) vient aussi de l'estime de soi. Mes élèves "mauvais" et "moyens" s'investissent plus depuis qu'ils savent qu'un travail à leur rythme leur est profitable, qu'il les aide à grandir. Je te rassure, ils comprennent parfaitement qu'ils ne sont pas les meilleurs. Ils travaillent pour eux, tout simplement, et font profiter les autres quand ils peuvent.
Ca n'a rien d'un leurre. Montrer des limites en se donnant les moyens de le faire, c'est sûrement plus compliqué que de leur dire : je te l'ai dit cent fois ou "sauvageon", dont l'efficcité n'est pas meilleure.
En tout cas, va qualifier de "soixante huitard" des gens qui ont développé ces pédagogies dans les milieux spécialisés, tu les fera rire... ou montre leur comment faire !


Message envoyé par : Josiane

Dans la classe, il sait que je suis là, que je remplace sa mère, mais à l'extérieur il calque le schéma familial : Jordan avec maman contre Nawel et son père. Son père est très accessible, sa mère ne veut pas me voir. Cet enfant est malheureux et ne peut s'épanouir... et bien sûr il se venge sur les petits.


Message envoyé par : Bernard DENIS

Par souci de ne pas vous infliger un long et peut-être fastidieux développement, je n'aborderai pas la question du lien entre la violence à l'école et la violence de l'école. Néanmoins, si au demeurant ce lien n'est pas mis en relief dans le rapport de M. DUPRE, et qu'il faille par conséquent le considérer comme un postulat, d'une part l'existence de ce lien mériterait d'être démontrer, d'autre part si le lien existe entre la violence de l'école et le comportement des élèves faudrait-il encore expliquer à régimes scolaires similaires la violence des uns et la conduite pacifique des autres Le rapport de M. DUPRE et les propositions avancées nous donnent à penser que la violence de l'école s'exprime en raison de l'existence même de la contrainte, qui plus est une contrainte rarement expliquée aux élèves et qu'ils ne sont pas invités par un processus démocratique à définir et à soumettre à eux-même.
La question n'est peut-être pas tant de savoir si la vie collective dans les écoles mais aussi dans toute communauté nécessitent des contraintes, un consensus les reconnaît nécessaires, mais selon quels critères et par quels moyens ces contraintes et les divers règles, règlements, codes sociaux qu'elles impliquent peuvent être élaborés. Et cela à la seule fin que ces contraintes soient adaptées et acceptées.
La proposition la plus courante est la mise en place d'une organisation démocratique de la vie des élèves dans l'école. Cette organisation, outre ses vertus pédagogiques d'exercice de la démocratie, permet l'élaboration des divers règlements qui régiront la vie scolaire.
Cette proposition s'inscrit dans l'idée que l'on comprend et accepte mieux ce que l'on construit que ce que l'on subit.
La première objection, qui n'est pas une objection de principe, tient dans le constat que s'il est difficile pour des élèves de CM2 de prendre conscience de certaines contraintes, obligations inhérentes à la vie dans une école, il est douteux d'espérer obtenir d'élèves de CP, à fortiori de maternelle, la conscience pleine et effective de règles de vie autrement que sous l'influence de l'adulte. On perçoit ici les limites de la "démocratie" à l'école.

Mais il y a un autre facteur, d'ordre pratique, modérant l'importance de la participation des élèves dans l'élaboration des règles de vie à l'école. En effet, si les règles sont décidées par l'ensemble des élèves, est-il besoin chaque année de recommencer la construction des règles, sinon à considérer que celles de l'année. précédente n'étaient pas adaptées, que les contraintes étaient injustifiées. Que par contre s'ils elles étaient acceptables l'année précédente, elles n'ont pas lieu d'être rediscutées dans leurs fondements (à l'exception de quelques éventuelles adaptations) et que l'expérience des années passées en a prouvé le bien-fondé. Ainsi donc, le débat démocratique ne revêt ici qu'un aspect formel.
Au demeurant et quelle que soit l'importance du rôle de la pratique démocratique des élèves, cela ne dispense pas loin s'en faut les enseignants d'accompagner la mise en place et le respect des règles de justifications et de commentaires.

Par ailleurs, la contrainte et les frustrations qu'elle implique n'a-t-elle pas une valeur éducative ? N'est ce pas en acceptant l'idée d'abandonner définitivement la réalisation de certains de nos désirs et d'en différer la réalisation d'autres que l'on accède au statut d'adulte ? Existe-t-il une éducation qui n'ait pas de contrainte même non choisies et l'acceptation de la contrainte de celle qui permet le "mieux vivre" ensemble n'est-elle pas un facteur d'émancipation ?

Quelques autres remarques me viennent à l'esprit sans ordre particulier et que vous m'excuserez de ne pas développer.
Les propos dégradants et humiliants vis à vis des élèves sont bien entendu moralement inacceptables. Dans ces cas, ne s'agit-il pas de la violence des enseignants plutôt que de la violence de l'école. En tout état de cause, l'enseignant comme vous le dites si justement doit maîtriser ses affects, de surcroît les évènements de sa vie privée ne doivent pas interférer dans sa vie professionnelle. On peut et sans doute doit-on donner des avis sur les élèves, mais on juge un élève pour ce qu'il fait, non pour ce qu'il est, on s'interdit ainsi un quelconque jugement moral sur la personne même de l'enfant.
A ce sujet, on fera remarquer que la formation et le recrutement des enseignants et de manière générale des acteurs de l'éducation nationale à quelque niveau que ce soit, s'avèrent souvent incapable d'évaluer sérieusement les capacités relationnelles des postulants quand dans le meilleur des cas, la rigueur souhaitée ne cède pas à l'arbitraire.

Encore bravo pour votre site.


Message envoyé par : Michel MONOT (le 14/11/00)

Ce qu'il est convenu d'appeler la violence institutionnelle, et ici les violences de l'école, sont bien identifiées et cataloguées sur ce site et chacune d'elle est susceptible de recevoir telle ou telle solution intéressante.
Mais je pense modestement pour ma part qu'il faudrait pouvoir apporter ici une réponse globale, polyvalente en quelque sorte, mettant en ouvre des synergies à l'intérieur même de la classe.
Je me suis néanmoins inséré d'abord dans le cadre proposé pour répondre aux questions posées et j'en reprends donc la hiérarchie autour de la question "Qu'y a-t-il de violent à l'école ?".

1. Le cadre réglementaire est contraignant

11. Les horaires
Puisque l'enfant de maternelle supporte généralement bien les contraintes de l'école, il peut être intéressant de rechercher pour l'école élémentaire un mode de fonctionnement inspiré de ce modèle mais répondant strictement aux exigences qui sont spécifiquement celle de l'école élémentaire. On laisserait évidemment tomber la pâte à modeler, les perles et la sieste, mais en en conservant quand même l'esprit : le droit d'échanger avec les copains, mais sous des formes peut être moins libres, plus finalisées. On pourrait introduire dans le temps contraint de l'horaire scolaire des espaces de temps choisis, non sans arrières pensées lées aux finalités de l'école élémentaire.

12. Les programmes
Il est bon que l'élève puisse les consulter, comme le suggère le site, mais cela n'est vrai qu'à certaines conditions. La violence des programmes ne tient pas tant à leur imposition de l'extérieur qu'à la crainte diffuse de ne pouvoir se les approprier. Pour le bon élève, cette crainte n'existe évidemment pas. Mais pour l'élève en difficulté, le seul fait de pouvoir consulter le programme est déjà une violence, et celle-ci n'est pas répertoriée dans le descriptif alors qu'elle me semble peut être diffuse mais bien réelle.
Le plus important est donc que l'élève puisse prendre conscience, en le constatant tous les jours, que ces programmes sont à sa portée, et qu'il puisse ainsi retrouver confiance en ses moyens. Ce point important peut à lui seul suggérer une nécessaire réorientation pédagogique.
L'apport de contenus personnalisés est souhaitable, et peut être même nécessaire dans un dispositif fortement structuré de réduction de la violence de l'école.

2. La position du maître

21. C'est un adulte parmi les enfants
L'enfant admet bien la présence de l'adulte si celui-ci sait et peut se tenir à sa juste place, avec des comportements d'adulte maître de lui, maîtrisant parfaitement la conduite de sa classe pour la rendre moins oppressante.
Mais l'adulte le plus équilibré peut se révéler, dans sa classe, dépassé par les évènements, car tout ne dépend pas de son attitude, qui dépend d'ailleurs elle même de celle de ses élèves. Il y a donc intérêt à traiter ce problème globalement, en recherchant tout ce qui peut tendre à décrisper l'attitude de l'un et celle des autres...

22. C'est un fonctionnaire investi d'une mission d'enseignement
Je préfère dire qu'il est garant d'une exigence d'apprentissages, ce qui permet d'envisager les choses un peu autrement. Il lui appartient moins d'enseigner que de "faire en sorte que" les enfants apprennent, et cet éclairage peut conduire à privilégier certaines pratiques pédagogiques...

22. Il sait ce que les élèves ne savent pas
Pas toujours, car le maître ne sait pas tout. Il lui est en outre difficile de faire exactement le point à chaque instant, comme pourrait le faire un précepteur, sur l'état exact du savoir de l'élève face à une situation d'apprentissage donnée, qui est toujours en outre une situation évolutive.
Face à ce problème très précis, ponctuel peut être mais qui traverse néanmoins toutes les situations d'apprentissage, l'élève est parfois le mieux placé pour faire lui même le point, ce qui est de l'ordre de la conscience d'apprentissage, de la métacognition. Il semble que l'on puisse traiter ce problème en assurant dans la classe une bonne lisibilité des situations d'apprentissages, permettant aux élèves de prendre les uns sur les autres des repères, pour se positionner et se repositionner aussi souvent qu'il le faut, telle l'abeille sur les fleurs, par rapport aux apprentissages programmés.

3. Les méthodes utilisées s'imposent à l'élève

31. Le choix des contenus
L'enseignant est responsable de la progression prévisionnelle, mais il l'est aussi de la progression réelle, et donc des dispositions qu'il prend pour rendre celle-ci effective...
Comme pour le point 12 sur les programmes, ce n'est pas tant l'imposition extérieure de la progression qui fait problème ou violence mais son inadéquation aux possibilités de l'élève. Une fois de plus, le problème des violences de l'école dépend des options pédagogiques et ne relève donc pas de la fatalité.

32. Les supports, les outils, sont déterminés sans l'avis de l'enfant
Cette imposition extérieure ne fait réellement problème ou violence que lorsqu'elle ne répond pas aux attentes de l'élève. Les attentes de l'élève sont de l'ordre du confort, voire du plaisir mais aussi de l'efficacité, et cette problématique est d'abord de la compétence du maître. L'élève, s'il peut en juger et donner son avis, ne prétend pas en traiter à la place du maître et préfère n'avoir à gérer que ce qui dépend réellement de sa propre compétence.
Me paraît relever réellement des attributions ou de cette compétence de l'élève la gestion du temps d'apprentissage, ce qui correspond d'ailleurs à une exigences des IO, et plus spécifiquement le choix de la tâche, en fonction de ses goûts ou de l'idée qu'il s'en fait, le choix du moment où il devra aborder telle ou telle tâche en fonction de la représentation qu'il en a, des possibilités qui lui ont été fournies pour les mettre à sa portée ou se hisser à leur niveau.
Cette gestion du temps ne relève pas à proprement parler des "supports" ou des "outils", mais elle me paraît devoir figurer dans ce paragraphe pour clarifier le débat à ce sujet. Il paraît naïf de croire qu'il suffirait de faire participer l'élève à toutes les décisions pour obtenir son implication et résoudre fondamentalement le problème des violences de l'école.

33. La présentation des informations
Cet aspect ne doit pas être exagéré. Les exigences du maître dans ce domaine ne sont vraiment rejetées que lorsqu'elles tournent à la manie ou lorsqu'elles s'intègrent dans un contexte de violences plus général et deviennent alors fréquemment des points de crispation.
Lorsque les problèmes précédemment évoqués sont résolus de façon satisfaisante, les exigences du maître quant à la présentation des cahiers sont en général formulées dans un contexte moins tendu et peuvent donc devenir moins strictes. Du côté des élèves, qui ont alors d'autres intérêts, elles sont acceptées plus spontanément ou ne sont même plus perçues comme des violences.

4. La relation maître-élèves

41. Les interdits sont nombreux
On sait que ces interdits sont en réalité moins nombreux ou qu'ils posent moins de problèmes dans les "bonnes" classes que dans les classes difficiles. En fait, la pression de ces interdits, et donc leur violence, est d'autant plus nécessaire que la régulation opérée par l'engagement des élèves dans leur travail est plus faible.
On en revient donc au problème pédagogique global, à la nécessité d'une interrogation de fond sur les difficultés rencontrées par nos élèves dans le fonctionnement actuel de l'école.

42. Les autorisations
Le problème des autorisations nous ramène au cas précédent. En débattre avec les élèves serait d'un effet limité si des mesures ne sont pas prises pour traiter le mal à la source, pour réduire les raisons qu'un élève peut avoir de vouloir échapper à l'atmosphère oppressante de la classe.

43. La politesse
Elle dépend beaucoup des codes acquis dans la famille, le plus souvent par imprégnation. L'apprentissage du code social peut se faire en classe en suivant le même processus, et cela d'autant plus facilement que le climat de la classe, lui même dépendant des orientations pédagogiques, sera plus porteur de codes favorables.

44. Le climat moral
Le problème n'est pas fondamentalement différent du précédent. Il s'agit là encore d'un problème d'imprégnation, de travail quotidien, se gardant d'une moralisation excessive mais n'hésitant pas à poser dans toute leur complexité, malgré tout ce qui dans l'environnement de l'école peut y faire obstacle, les problèmes relatifs aux exigences d'une vie sociale harmonieuse.

45. Les punitions
Si la personnalité de l'enseignant détermine une bonne part de leurs caractéristiques, on ne peut cependant ignorer qu'elles sont une réplique aux difficultés de fonctionnement de la classe. Mais ces difficultés sont elles même le produit de facteurs complexes, les uns extérieurs, tels celui de l'environnement de l'école, les autres strictement internes au système. Là encore, le problème pédagogique doit être posé comme central.

5. Pour conclure
Je ne suis pas allé plus loin dans ma lecture de ce site intéressant car l'énumération, le factuel, sont faits pour être analysés, mis en équations, dépassés.
Dans tous les aspects que j'ai abordés, on retrouve le paramètre "fonctionnement de la classe". Je ne veux pas parler de "méthodes" au sens strict, qui nous ramènerait aux querelles habituelles entre les "pour" et les "contre".
Le fond du problème est historique, ou même épistémologique si l'on veut bien soumettre la pédagogie, comme tant d'autres disciplines, à cet éclairage.
L'école s'est constituée autour de ceux qui savent, et qui donc peuvent enseigner, sans bien voir qu'elle commettait ainsi une petite escroquerie, qu'elle se coupait des processus traditionnels d'apprentissage par observation, analyse et reproduction, qui prévalaient jusqu'ici dans les apprentissages spontanés. Elle a privilégié un enseignement formel, qui ne convient qu'à certains, alors que d'autres souhaitaient procéder comme on l'a dit depuis longtemps en pillant de ci de là leur miel.
Ce pillage à la va comme je me pousse ou comme je le sens, nous l'avons rencontré à propos de la violence presque à chaque paragraphe, au premier plan ou en arrière plan. Principalement à propos de la conscience d'apprendre (22) qui aide à apprendre, qui permet à l'élève de se positionner et repositionner par rapport aux apprentissages qui lui sont proposés. Et aussi à propos du choix de la tâche (32) qui apprend à analyser pour apprendre, compétence majeure du "métier d'élève". Autrement dit sur des points qui peuvent contribuer à apporter aux élèves en difficulté très précisément ce qui leur manque pour devenir des élèves à part entière, suffisamment armés pour accepter ces petites contraintes de l'école que leurs camarades plus gâtés acceptent sans difficultés, sans ressentir de violence et donc sans chercher à leur tour à en produire.
Ce pillage à la mode apicole, qui était de règle autrefois dans l'apprentissage mais que l'école a presque totalement court-circuité, semble bien toucher au point faible de notre système. Mais il est possible et souhaitable de le réhabiliter, au moins pour vérifier l'hypothèse que j'avance, et de modifier à cette fin l'organisation de la classe et du temps, tant pour renforcer la fonction démocratique de l'école que pour réduire ces "violences de l'école" que le site instit passe si bien en revue.

Michel MONOT
magui@offratel.nc
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"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)


Message envoyé par : Camille (le 26/02/01)

Nous n'avons pas dans notre école de manifestations extrêmes de violence. Mais mieux vaut prévenir que guérir. Pour ma part, et avec quelques collègues dans l'école, nous essayons de pratiquer une pédagogie aussi coopérative que possible. L'école, la classe comme lieux de vie dans lesquels, tous, nous avons des droits et des devoirs. L'autre est important, qu'il soir enfant ou adulte. Par contre, ce qui me désarçonne toujours, c'est la violence "réflexive" : lorqu'un enfant est trop malheureux pour se supporter et qu'il se fait mal, ou qu'il se conduit mal, pour pouvoir dire "tu vois que je ne vaux pas grand chose". Là, toutes les meilleures intentions se heurtent à une façon d'être que peu de chose semble atteindre.


Message envoyé par : Liliane (le 12/02/02)

En tant que maman et étudiante en sciences de l'éducation : la violence est en nous et ne demande qu'à se libérer tellement on nous demande d'être maître de soi en tout instant - Mon fils avait été qualifié de violent alors qu'en fait on aurait pu le qualifier de turbulent (très sportif) insolant (il répond ouvertement aux incohérneces des adultes) - S'il est évident qu'il n'était pas facile pour l'instit de gérer ce garçon "plein de vie" lorsque l'on a une classe de 32 élèves, il n'en demeure pas moins qu'il n'a pas à être exclu de la classe pour ce motif et que l'instit n'est pas le détenteur de "la vérité" - actuellement il est au collège et l'incompréhension et la communication est pratiquement impossible avec certains de ces professeurs....On m'a même dit par 2 fois, "le problème c'est que votre enfant est trop intelligent"????


Extrait d'un article du Monde Diplomatique de février 2002

"Derrière les désordres scolaires et les violences éventuelles se cachent des phénomènes humains et des systèmes de relation que certains acteurs préfèrent ne pas admettre et que l'institution résiste à évaluer. Le système éducatif vit encore dans le mythe constamment réaffirmé d'une dynamique de transmission des connaissances qui se ferait par le seul canal de fonctions intellectuelles supérieures ( à l'exclusion des émotions et des personnalités individuelles, des cultures et des croyances collectives, etc.) entre un diffuseur abstrait ( l'enseignant) et un récepteur abstrait ( l'élève). La réalité ne s'acorde pas avec cette théorie et il semble peu efficace de vouloir l'y faire entrer à tout prix en s'arc-boutant sur des pratiques pédagogqiues traditionnelles et sur les règlements intérieurs. C'est pourtant ce qui se produit trop souvent. L'école doit changer. Mais la pression qu'elle subit est également liée à une aggravation générale des inégalités qui ne dépend pas d'elle et qu'elle ne saurait corriger à elle seule."
Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS.


Lutte contre la violence en milieu scolaire : B.O. hs n°11


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