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TEXTES EN VRAC


NOURRISSEURS ET EDUCATEURS (C. FREINET)

Je plains les éleveurs - qu'on appelle aujourd'hui nourrisseurs - et leurs bêtes parquées dans des étables dont elles ne sortent que pour l'abattoir.
Oh ! elles ne souffrent pas ! Leur râtelier est toujours abondamment garni d'une masse imposante d'herbe et de foin. Parce qu'il y faut la quantité, n'est-ce pas, pour bien remplir la panse!
Si quelques bêtes, non encore suffisamment domestiquées, rechignent à avaler leur portion, on l'enrobera de sel ou de tourteaux. Il faudra bien qu'elles mangent ce qu'on leur donne! Ce n'est pas à elles à choisir, que diable!
Si la digestion est difficile, la science indiquera un produit merveilleux qui, dilué dans l'eau, évitera tous accrocs. Et, ma foi, les bêtes donnent beaucoup de lait, seulement, au bout de trois ans, elles dépérissent et meurent épuisées.
Je n'ai aucun de ces soucis. Je conduis mes bêtes dans les pâturages les plus riches. Elles ont faim, ce qui est naturel, elles choisissent, ce qui est naturel aussi. Elles prennent poil brillant et bonne graisse, ce qui est normal également. Il me suffit de leur garantir pâturage et sécurité.
Je plains les éducateurs qui ne sont que des nourrisseurs et qui ont la prétention de traiter méthodiquement et scientifiquement leurs enfants parqués dans des salles où ils ne séjournent, heureusement, que quelques heures par jour.
Leur grand souci est de leur faire avaler la masse de connaissances qui remplira des têtes engorgées jusqu'à l'indigestion et à la nausée. Leur art est d'enrobage et de conditionnement, et aussi de médication susceptible de rendre assimilables les notions ingérées.
Gardez à vos enfants leur appétit naturel. Laissez-les choisir leur nourriture dans le milieu riche et aidant que vous leur préparerez. Vous serez des éducateurs.

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SEMAINE DES PARENTS A L´ECOLE DU 12 AU 17 OCTOBRE

" Parents vous avez besoin de l´école, l´école a besoin de vous "
Pour permettre à chaque enfant de réussir à l´école, un rapport de confiance entre l´enseignant, l´enfant et les parents doit s´établir. Cette confiance n´est possible que s´il y a un dialogue et une compréhension réciproque. Tous les parents sont invités au cours de cette semaine, à découvrir ou mieux connaître :
- le projet éducatif et pédagogique de l´école,
- le rôle des différents personnels,
- le rôle des parents dans les apprentissages scolaires (comment aider son enfant ?…),
- le rôle des différents partenaires de l´école (associations de parents, SEL, USEP, OCCE, PEP, FRANCAS…),
- le fonctionnement de l´école (les bâtiments, les outils pédagogiques, le règlement intérieur…),
- l´organisation d´une journée en classe (accueil, récréations, cantine, activités…),
- l´organisation et le fonctionnement propre à chaque classe (lors de la réunion de rentrée),
- les programmes scolaires propres à chaque niveau (avec leur finalité et leurs objectifs),
- les modalités d´évaluation des élèves (mise en place d´un livret d´évaluation…),
- les activités périscolaires (études, CVL, CLSH,…)
Cette semaine doit permettre aux familles de mieux comprendre le système éducatif et la scolarité de leurs enfants mais aussi, de leur faire prendre conscience de l´importance de leur rôle dans la vie de l´école.
Enfin, une réflexion sera menée avec les familles sur :
- la manière dont ils peuvent améliorer et enrichir la vie de l´école,
- la recherche d´outils ou de fonctionnements pouvant faciliter les relations ENFANT - ECOLE - FAMILLE.
Il reste maintenant à chaque enseignant et équipe d´enseignants à réfléchir et à inventer la mise en œuvre et l´organisation de cette semaine (et pourquoi ne pas commencer par demander de l´aide ou des idées aux enfants et à leurs familles ?….)

Frédéric MATHY (document élaboré à partir du BO n°34 du 17-09-98 page 1982)

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TOUS CAPABLES D´AIDER SES ENFANTS

Il est admis que la cohérence, la reconnaissance et la complémentarité entre tous les éducateurs de l´enfant sont des conditions nécessaires pour favoriser l´épanouissement personnel et scolaire de celui-ci.

Cependant, les relations entre les familles et les enseignants sont souvent entachées d´a priori, de méfiance et d´incompréhension. De plus, les exigences de réussite et l´uniformisation du modèle d´intégration scolaire et sociale, pénalisent certaines familles de milieux populaires qui finissent pas douter de leurs capacités de participation et d´affirmation personnelle et culturelle. Ces parents finissent par intérioriser des sentiments d´incapacité à penser, à agir et à être de "bons partenaires" vis-à-vis de l´école. Il est de plus en plus difficile, voire impossible, pour ces parents de s´autoriser (et probablement d´être autorisés) à prendre une place dans un système scolaire qui leur paraît de plus en plus complexe. Il semble évident que les familles de milieux populaires s´autoriseraient à prendre une place dans l´école si elles se sentaient reconnues, valorisées dans leurs savoirs et leurs cultures, mises en confiance, introduites dans une relation égalitaire avec les enseignants, sans être infantilisées ni dénigrées...

Les difficultés de communications entre les parents et l´école, amènent les psychologues à introduire l´idée de la "médiation". Il s´agit d´inventer (voire de réinventer) des lieux d´échanges et de rencontres permettant aux adultes de réapprendre à se connaître et à travailler ensemble dans l´intérêt de l´enfant.

L´impact des difficultés de relations entre les familles et l´école sur l´enfant, oblige à repenser le partenariat et à redéfinir le rôle et la mission de chacun de ces protagonistes. Il s´agit de rendre les familles actives et actrices dans la relation, en somme de "passer de parents cibles à des parents partenaires".

Les familles se disent prêtes pour prendre une place plus active dans l´accompagnement scolaire de leurs enfants. Elles investissent beaucoup l´école et les enseignants et attendent que ces derniers les aident à y parvenir. Ne faut-il pas accompagner les parents afin qu´ils s´autorisent à assumer de nouveau leur rôle éducatif?

La volonté des familles de réinvestir autrement la relation avec l´école et les enseignants, de penser que le fait d´être en difficulté à l´école ne constitue en aucune façon une fatalité, laisse la place à l´espoir et donc à de nouveaux projets.

* Certains passages de ce texte sont extraits de : "La Revue en FAS", de décembre 95, numéro 6.

Frédéric MATHY

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LE PETIT GARÇON - Helen E.Buckley

Un jour, un petit garçon partit pour l'école. C'était encore un bien petit garçon, et l'école était fort grande. Mais, quand le petit garçon découvrit qu'il pouvait arriver à sa classe en entrant directement par la porte de la cour, il se sentit content ; et l'école n'avait déjà plus l'air tout à fait aussi grande. Un matin, alors que le petit garçon était à l'école depuis un certain temps, la maîtresse dit :
" Aujourd'hui, nous allons faire un dessin ".
Il aimait faire des dessins. Il savait en faire de toutes les sortes : des lions et des tigres, des poules et des vaches, des trains et des bateaux. Et, il prit sa boîte de crayons et commença à dessiner.
Mais la maîtresse dit :
" Attendez ! Ce n'est pas le moment de commencer ! " Et elle attendit jusqu'à ce que tout le monde ait l'air prêt. " Maintenant " dit la maîtresse, " Nous allons faire des fleurs ".
" Gai ! " pensa le petit garçon. Il aimait faire des fleurs, et il commença à en faire des magnifiques avec ses crayons rose et orange et bleu.
Mais la maîtresse dit :
" Attendez ! je vais vous montrer comment faire ". Et elle en fit une rouge avec une tige verte.
" Voilà ", dit la maîtresse, " Maintenant, vous pouvez commencer ". Le petit garçon regarda la fleur dessinée par la maîtresse, puis il regarda ses fleurs à lui. Il aimait mieux ses fleurs que celle de la maîtresse mais il ne le dit pas. Il retourna simplement son papier et fit une fleur comme celle de la maîtresse. Elle était rouge avec une tige verte.
Un autre jour, le petit garçon avait ouvert la porte d'entrée tout seul, la maîtresse dit :
" Aujourd'hui, nous allons faire quelque chose en modelage "
" Chouette ! " pensa le petit garçon. Il aimait le modelage. Il savait faire toutes sortes de choses avec la terre : des serpents et des bonshommes de neige, des éléphants et des souris, des autos et des camions. Et il commença à pétrir et malaxer sa boule de terre.
Mais la maîtresse dit :
" Attendez, ce n'est pas le moment de commencer ! " et elle attendit que tout le monde ait l'air prêt. " Maintenant ", dit la maîtresse, " Nous allons faire un plat "
" Gai ! " pensa le petit garçon. Il aimait faire des plats et il commença à en faire de toutes les formes, de toutes les grandeurs. Mais, la maîtresse dit :
" Attendez ! je vais vous montrer comment faire "
Et elle montra à tout le monde comment faire un grand plat profond " Voilà ", fit la maîtresse, " Maintenant, vous pouvez commencer ".
Le petit garçon regarda le plat de la maîtresse. Puis, il regarda les siens, il aimait mieux les siens que ceux de la maîtresse mais il n'en dit rien. Il reroula simplement toute sa terre en une grosse boule, et fit un plat comme celui de la maîtresse. C'était un plat profond.
Et bientôt, le petit garçon apprit à attendre et à regarder, et à faire des choses juste comme la maîtresse. Et bientôt, il ne fit plus de choses de lui-même du tout.
Un jour, le petit garçon et sa famille déménagèrent dans une autre maison, dans une autre ville, et le petit garçon dut aller dans une autre école. cette école était encore plus grande que l'autre, et il n'y avait pas de porte pour aller directement de dehors dans sa classe. Il devait monter, monter des grandes marches, et marcher le long d'un grand corridor pour arriver à sa classe.
Et le premier jour qu'il était là, la maîtresse dit :
" Aujourd'hui, nous allons faire un dessin "
" Gai ! " pensa le petit garçon, et il attendait que la maîtresse dise quoi faire mais la maîtresse ne dit rien. Elle se promena simplement autour de la classe.
Quand elle arriva près du petit garçon
Elle dit :
" Tu ne veux pas faire un dessin ? "
" Si " dit le petit garçon, " Qu'allons-nous faire ? "
" Je ne sais pas, avant que tu le fasses " dit la maîtresse
" Comment vais-je faire ce dessin ? " demanda le petit garçon
" Oh, vraiment comme tu veux ! " dit la maîtresse
" Et n'importe quelle couleur ? " demanda le petit garçon
" Si tout le monde faisait le même dessin, comment saurai-je qui a fait quoi, et lequel est à qui ? "
" Je ne sais pas " dit le petit garçon
…et il commença à faire une fleur rouge avec une tige verte.

Helen E.Buckley
(traduit de l'anglais)

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QUELQUES CITATIONS

" Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que les choses sont difficiles. " (Sénèque)

" Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert. " (Gaston Berger)

" L'enfant est un feu à allumer, pas un vase à remplir. " (Rabelais)

" Ce n'est pas parce que le maître est plus grand que l'élève qu'il est au-dessus de lui. " (Célestin Freinet)

" On parle souvent de la violence du fleuve mais jamais de celle des berges qui l'enserrent. " (Berthold Brecht)

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DISCOURS SUR TA METHODE

1) Ne ramène pas ta science, aide-les à construire la leur.

2) Laisse-les chercher plus souvent en groupes. De la confrontation, jaillit la lumière.

3) Partage ton temps de parole.

4) Laisse-les plus manipuler : " C'est en physiquant qu'on devient physicien. "

5) Ne les fais pas écrire inutilement ; un cahier doit devenir un outil et non une fin en soi.

6) Accorde-leur quelques droits comme :

  • le droit à l'erreur
  • le droit à l'essai gratuit
  • le droit de recommencer
  • le droit à la lenteur
  • le droit à la plaisanterie
  • le droit de contester à bon escient
  • le droit au changement et à la diversité des supports pédagogiques (moyens informatiques, audio-visuels, sorties, jeux éducatifs, débats sur l'actualité…)
  • le droit à des classes à faibles effectifs.
7) N'oublie pas une bonne ambiance au sein d'une classe est primordiale.

8) Essaie d'être compréhensif et patient.

9) Sois exigeant sans jamais te montrer dédaigneux.

10) Aie de la considération pour tes élèves et ils en auront pour toi.

Classe de Seconde LPA " Les Perrières " BP 54 71700 TOURNUS

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Déclaration du GFEN au Forum mondial de l'Education à Porto Alegre :
La question de l’éducation nouvelle, une urgence de civilisation.

Dans un monde où sévissent inégalités et injustices, la question de l’éducation n’est pas seconde, face à des préalables économiques et à des impératifs politiques mais elle se pose comme urgence de civilisation. Une urgence de civilisation que concerne pourtant toute responsabilité immédiate et locale. Parce que l’homme ne naît ni soumis ni émancipé, il le devient. Parce qu’il ne naît ni fanatique ni citoyen, il le devient. Et c’est dans ce devenir que s’inscrivent les situations vécues, éducatrices ou aliénantes,fondant pour chacun son rapport au monde et aux autres. L’accès pour tous à l’instruction est primordial. Mais que serait l’accés au droit d’apprendre sans le pouvoir de comprendre ? Face à une conception marchande des savoirs, à leur instrumentalisation et leur accumulation, il s’agit de développer une intelligence capable de penser autrement le monde. Face à la reproduction de savoirs-transmis comme produits-finis, comme vérités indiscutables, il s’agit de faire émerger une pensée créative et audacieuse. Mais comment éduquer à l’esprit critique en exigeant une soumission appliquée à des règlements, dès l’école, quand ils sont seulement élaborés par d’autres ? Comment éduquer à la solidarité face à l’exclusion et à la compétition individuelle dans les apprentissages ?Toute pratique, qu’elle soit d’enseignement ou de formation, n’est ni neutre ni innocente. Dans les faits, elle transmet, dans le cours même de l’acte qu’elle pose, des valeurs, des comportements mentaux et des modes de penser qui s’ajoutent aux contenus prescrits des savoirs et les traversent. Or, c’est par rapport à la pratique de transmission des savoirs, fonction première de l’école, que l’éducation nouvelle pose un renversement décisif,et cela dès les premiers apprentissages du lire-écrire-compter et tout au long du cursus scolaire et de formation. C’est dans la notion et la pratique de démarche d’auto-socio-construction du savoir que, prenant appui sur des situations incitatrices de départ, sont impulsés des processus constructifs qui sollicitent les forces inventives, créatrices de chacun pour que, dans une interaction entre soi et les autres, se travaillent questionnements, contradictions et conflits. Là, dans un va et vient entre l’acte et la pensée, entre hypothèses et conscientisation,e ntre schèmes balbutiants et formulations, se construit une pensée opératoire, une pensée réinvestissable ailleurs. Là s’exerce la prise en compte créatrice des divergences, dans la pluralité et la diversité, et se développe l’exercice du débat constructif, démocratique, condition pour des apprentissages solidaires en même temps que conceptualisés. L’enjeu est de devenir citoyen DANS le savoir et dans les apprentissages. C’est dans de tels processus que ne doivent pas être évacués les questions, contre-évidences et débats dont les savoirs sont issus, alors qu’ils sont nés d’audaces et qu’ils furent, dans leur genèse, combats contre l’ignorance, les interdits et les fatalités. C’est dans de tels processus que chaque enfant, chaque apprenant, peut mobiliser ses propres capacités à penser, à créer, à agir et les mettre en synergie avec celles de ceux qui,bien avant lui et autour de lui, les ont déjà exercées. Il découvre ainsi dans l’acte de savoir la force d’une fraternité humaine. Dans une telle approche de la connaissance, comme dans la vie coopérative, dans la conception et la réalisation de projets, dans les situations multiples d’écriture où se construisent des pouvoirs de penser et de créer,la mise en pratique de tels principes ne peut se faire sans le pari philosophique exprimé dans le « Tous capables ». Il s’agit de mobiliser et développer les potentialités immenses de chaque enfant, chaque adulte,chaque peuple, potentialités trop souvent insoupçonnées ou massacrées, niées ou écartées. Apprendre à penser dans la complexité, apprendre à affronter l’imprévu, à se nourrir de l’altérité et de la diversité des cultures, à sortir des cadres établis, apprendre à faire avec les contradictions, c’est apprendre à refuser l’esprit de fatalité et à surmonter les conflits, entre hommes libres et responsables.

Porto Alegre, 24 Octobre 2001

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